top of page
Rechercher

Intriqués

  • 9 juin 2023
  • 2 min de lecture

Il était en retard. Quentin avait quitté la Paz pour Paris il y a une semaine et en avait profité pour visiter le Louvre et le musée d’Orsay où il était tombé en pamoison devant les tableaux des impressionnistes, Monet et Courbet en particulier. Il était descendu dans un petit hôtel de la rue Saint-Julien le pauvre d’où il pouvait découvrir Notre Dame.

Il était ce matin-là en partance pour Stockholm où il avait rendez-vous au Modern Museet pour discuter de la prochaine exposition de ses peintures quantiques. Perturbé par une nuit de cauchemars, il n’avait pas entendu son alarme et s’était réveillé en sursaut. Il se débarbouilla rapidement à même l’évier avant de prendre sa voiture de location pour la direction du Nord de Paris. Il ne lui restait qu’un petit quart d’heure avant la fin de l’enregistrement quand il quitta précipitamment sa Twingo noire, garée au parking P3 longue durée de Roissy Charles de Gaulle. Une petite valise bleue ciel à la main, les traits tirés et les cheveux en broussaille, il entra à grandes enjambées dans l’aérogare bousculant au passage une jeune femme dont le sac d’Acné Studios qu’elle portait à l’épaule, valdingua à quelques mètres de là. Elle l’avait acheté la veille à Stockholm où elle s’était rendue pour une conférence de la Kista Science City sur les promesses de la mécanique quantique et des chatbots conversationnels. Elle avait même eu l’occasion d’échanger avec un chercheur de renon, le Dr Karlson

- Excusez-moi madame, je suis très pressé, j’espère que je n’ai rien abîmé, déclara Quentin en remettant à la jeune femme le sac de cuir qu’il venait de ramasser. Il aurait pu se souvenir de la beauté éblouissante de ses yeux verts qui illuminaient son visage africain s’il l’avait un seul instant regarder. Mais il avait déjà tourné les talons avant même qu’elle pût prononcer un seul mot.

Hasna se souviendrait-elle un jour de cet homme pressé et de sa voix timide d’artiste tourmenté ? Sans doute jamais car elle avait à cet instant précis autre chose en tête : le visage de son amant qui l’attendait dans un petit hôtel près de Notre Dame. La veille, elle avait rêvé de sa musculature puissante, de son corps d’athlète et surtout de l’odeur fauve de sa sueur quand transpirant de désirs, il la pénétrait tantôt avec fougue tantôt avec cette douceur qui annonçait de nouvelles houles dont chaque vague l’inondait de plaisirs. Elle sortit toute émoustillée de l’aérogare Charles de Gaulle, se dirigea vers sa voiture de location, une Twingo blanche et prit la direction de la rue Saint-Julien le pauvre.

Quentin et Hasna ne le savaient pas encore mais ils étaient intriqués.

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

Écris moi un message pour me donner ton avis

Merci pour votre envoi

bottom of page