La batarsité, un concept philosophique
- 14 janv.
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La philosophie réunionnaise procède, nous l’avons écrit, des interactions entre le métissage et le marronnage. Nous empruntons à toutes les sources mais surtout nous procédons à des transformations spécifiques : nous apprêtons. L’ensemble de ce processus pourrait être désigné par le concept de batarsité que défend Danyèl Waro, chanteur emblématique du maloya. Dans un poème en date de 1994, il écrivait déjà :
" Mwin pa blan
Non mwin pa nwar
Tarz pa mwin si mon Listoir
Tortiyé Kaf yab malbar
Mwin nasyon bann franc batar
..Sinwa zarab zorey komor
Mwin nasyon bann fran batar."
Il illustrait ainsi la complexité de l’Homme réunionnais qui porte en lui de nombreuses sensibilités qui sont indissociables. Le peuple réunionnais, de ce fait, n’est pas un peuple arc-en-ciel où chaque identité cohabite. Chaque Réunionnais, selon Danyèl Waro est à la fois kaf, yab, malbar, sinwa.
Ce concept de batarsité rejoint parfaitement la notion de « Etre et ne pas être », autrement dit, la capacité d’habiter plusieurs mondes en même temps, de pratiquer plusieurs religions ou encore de se réclamer à la fois des hémisphères Nord et Sud.
Cependant, le concept de batarsité va encore plus loin en ce sens qu’il évoque également la douleur de l’histoire, renvoie à l’esclavage, à l’engagisme, au colonialisme et d’une manière générale à toute la grande Histoire du marronnage.
Ce terme de batarsité évoque enfin cette autre notion de contournement propre à la philosophie réunionnaise. On change de point d’observation, on prendre les choses de biais, on adopte la stratégie du sans forme. Bref on s’adapte à toutes les situations. Cependant, ce principe de contournement n’empêche pas, dans certaines circonstances, l’affrontement. Le contournement est fondament une compétence d’adaptation.




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