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Ma rencontre avec Wang Weï

  • 14 août 2023
  • 2 min de lecture

Dans les hautes montagnes de la Chine ancienne, là où les sommets embrassent les nuages et les rivières serpentent comme des dragons argentés, je trouvai l'ermitage du sage Wang Weï. Ses poèmes, emplis de mystères et de beauté, m'avaient envoûté depuis ma jeunesse, et je brûlais d'une envie irrépressible de connaître le sens profond de ses paroles.

La vallée était silencieuse, et le seul bruit était le chant des oiseaux et le murmure de l'eau. Je montai le sentier rocailleux du haut mont Song et aperçus enfin le poète. Il était là, comme un fantôme du passé, un sage avec une longue barbe blanche, vêtu d'une robe traditionnelle.

Il me regarda avec des yeux qui semblaient connaître tous les secrets de l'univers et me fit signe de m'approcher.

"Maître Wang", dis-je, le cœur battant, "j'ai voyagé de loin pour vous rencontrer. Vos mots sont comme des étoiles dans la nuit, guidant mon âme. Pourriez-vous, s'il vous plaît, m'expliquer le sens de la phrase que vous citez dans vos « Saisons bleues » : 'l'eau qui court a comme une pensée?'"

Il sourit doucement et me montra la rivière qui coulait à proximité. "Regarde l'eau, jeune chercheur. Elle suit son chemin sans hésiter, mais est-elle consciente de sa destination? La pensée est fluide, elle aussi, et suit son propre cours."

Je le regardai, les yeux grands ouverts, cherchant à comprendre.

"L'eau qui court a une pensée, dans le sens où elle suit sa nature", continua-t-il. "Elle ne se préoccupe pas des obstacles. Elle les contourne ou les traverse, tout comme une pensée véritable doit le faire. Ne sois pas contraint par ce que tu vois ou entends, mais sois comme l'eau, libre et fluide, suivant la voie de la vérité."

Je restai avec lui, discutant, apprenant, jusqu'à ce que le soleil se couche derrière les montagnes. Je lui fis mes adieux, laissant derrière moi, un parfum jasminé d’osmanthes tardives Alors, dans l’obscurité des bambous, Wang Weï joua du luth et siffla pour faire durer le temps. Dans la forêt profonde, seule la lune vint éclairer son front.


 
 
 

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