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Trompe l'oeil

  • 20 mai 2023
  • 2 min de lecture

Nos prunelles sont d'insolentes fabulatrices. Ce que nous supposons être le réel n'est finalement qu'un leurre, une chimère grimaçante. L'allégorie de la caverne de Platon nous a pourtant servi d'avertissement. Certes, la cécité ne nous frappe pas, toutefois la lumière se fait perfide, nous inondant de mirages et d'illusions d'un imaginaire flamboyant. Il convient également de noter que la matière visible ne constitue qu'une modeste portion de l'univers - 5% pour être précis - le reste se partageant entre une matière noire insaisissable et une énergie noire, plus mystérieuse encore. Si notre perception de la réalité est aussi ténue, alors pourquoi ne pas simplement clore nos paupières?

Aveugles, nous nous laissons mener par d'autres aveugles, ou nous guidons nous-mêmes d'autres compagnons de l'obscurité. Le monde n'est-il que maya, illusion, comme le professe la philosophie védique ? Pourquoi ne pas alors marquer une pause, rester immobile ? Malheureusement, la tâche est colossale. Nous ne pouvons demeurer en place. En vérité, la terre danse une ronde effrénée - 24 heures pour un tour sur elle-même, 365 jours pour une valse autour du soleil, et 320 millions d'années pour une révolution autour de la voie lactée. Considérons également notre galaxie, qui se précipite avec audace vers Andromède, tandis que l'univers poursuit son expansion accélérée. En bref, nous galopons, ignorant la destination, avec la certitude morose qu'un jour ou l'autre, nous tomberons dans un trou noir - mystère même pour les plus éminents cosmologistes - et d’où personne ne revient.

Illusion ou non, cela ne nous importe guère. Le vent chuchote des mélodies à travers le feuillage des arbres. Le froissement de l'eau du ruisseau murmure des histoires d'endroits lointains et mystérieux. Les montagnes se dressent majestueusement sous le ciel. Il y a la mer, qui caresse les rivages du monde. Dieu, que les roses sont merveilleuses et tendres les amoureux qui s’échangent des baisers fous

Cette réalité réinventée serait bien plus belle, si seulement n’existait ces sensations cruelles de souffrance et de douleur.


 
 
 

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